Publié le 2 juil. 2026

Platine : UBS sort la douche froide

Après des mois à miser sur le platine, la grande banque suisse change son fusil d'épaule.

Le 16 juin, le platine culminait encore à 1 814 $. Deux semaines plus tard, il s'échoue à 1 570 $ , son plus bas niveau depuis novembre 2025. Le palladium ne fait pas mieux, glissant de 1 371 $ à 1 210 $ sur la même période. 

Dans cette dégringolade, une note publiée le 29 juin par UBS résume tout en quatre mots : le platine, écrit la banque, a « perdu de son attrait ».

UBS modère son optimisme

La phrase fait du bruit, venant d'un établissement qui voyait jusqu'ici le marché filer droit. UBS a coupé de 300 $ le prix qu'elle anticipe pour le platine, et redoute désormais que le métal devienne trop abondant plutôt que trop rare. Le platine a chuté de 21 % depuis janvier, après avoir bondi de 125 % l'année précédente : un retournement brutal pour un métal qui semblait inarrêtable.

Les investisseurs ont retiré l'équivalent de 500 000 onces de leurs fonds depuis janvier.  Et les nouveaux repères avancés par UBS parlent d'eux-mêmes :

  • 1 700 $/oz visés pour septembre et décembre 2026
  • 1 800 $/oz pour la période mars-juin 2027

Ce discours tranche nettement avec les 3 000 $ que Bank of America maintenait encore début juin. Pourtant, côté mines, rien n'a changé : en Afrique du Sud comme en Russie, les deux premiers producteurs mondiaux, les gisements vieillissent et les coûts grimpent, ce qui limite toujours autant la production. Si les prévisions ont plié, ce n'est pas l'offre qui a cédé, mais la demande.

Pourquoi la demande en platinoïdes marque le pas 

Trois moteurs tournent au ralenti en même temps. D'abord, l'an dernier, la menace de nouvelles taxes américaines avait poussé les acteurs du marché à précipiter d'énormes quantités de métal vers les États-Unis, créant une demande artificielle. Cette fièvre est retombée.

Ensuite, la production de véhicules thermiques recule, ce qui pèse directement sur la demande en catalyseurs automobiles, le platine comme le palladium. Et UBS pointe un risque supplémentaire : le platine étant devenu trop cher, certains constructeurs pourraient revenir vers le palladium pour équiper leurs pots catalytiques.

Côté bijouterie, l'élan de 2025 s'est cassé net, plombé par des prix devenus dissuasifs. Et l'inquiétude sur la croissance économique mondiale n'arrange rien, ni pour le platine ni pour son cousin plus volatil.

UBS garde malgré tout une carte en réserve : la banque dit conserver des perspectives « modérément positives » pour le platine, en pariant sur un rebond progressif des cours dans les prochains mois. Reste à savoir si le marché aura la patience d'attendre.

Sujet(s) : Analyse des Cours
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