Publié le 22 mai 2026

La Banque mondiale mise sur le platine pour 2026

En révisant ses prévisions à la hausse, la Banque mondiale place le platine parmi les métaux précieux les plus prometteurs de l’année.

Le rebond du 30 avril avait donné le ton. Début mai, le platine a enfoncé le clou : de 1 961 $ en début de mois, il a grimpé séance après séance jusqu’à 2 197 $ le 13 mai (son plus haut depuis mi-mars). Le palladium, lui, a oscillé sans direction claire entre 1 481 $ et 1 552 $ sur la même période, sans jamais trouver son élan. En fin de quinzaine, des chiffres d’inflation américaine plus élevés que prévu ont tout recalibré : le platine a lâché 200 $ en deux séances. Mais selon la Banque mondiale, ce n’est qu’un soubresaut.

Platine : des perspectives vertigineuses

Fin avril, la Banque mondiale a publié son rapport sur les perspectives des marchés de matières premières et on peut dire que ce rapport a fait du bruit. Sa conclusion : les métaux précieux devraient progresser de 42 % en 2026 par rapport aux moyennes de 2025. Un chiffre qui donne le vertige quand on sait que le platine avait déjà tutoyé les 2 770 $ en début d’année, dépassant déjà les prévisions pour le 1er trimestre.

Derrière ce chiffre, quatre forces à l’œuvre :

  • Le conflit iranien et la fermeture du détroit d’Ormuz entretiennent une demande de valeur refuge qui ne faiblit pas.
  • Le Brent a doublé au deuxième trimestre, de 61 à 120 $ le baril, propulsant l’inflation mondiale à des niveaux alarmants.
  • Dans les économies émergentes, l’inflation est révisée à la hausse. Les 5,1 % attendus poussent les investisseurs vers des actifs tangibles.
  • Enfin, le spectre de la stagflation plane entre croissance atone, prix élevés et incertitude maximale.

Dans ce tableau, la Banque mondiale place l’argent en tête des performeurs attendus de l’année, et le platine en deuxième position. Elle prévoit une augmentation des prix du métal blanc de 53 % sur l’année 2026.

Pourquoi le platine tire son épingle du jeu

Ce qui distingue le platine, c’est cette double nature que peu de métaux partagent : valeur refuge d’un côté, métal industriel critique de l’autre. Les véhicules hybrides, dont la production mondiale devrait atteindre 26,3 millions d’unités cette année, consomment autant de platine via leurs catalyseurs que les thermiques classiques. Et l’offre ne suit pas : en Afrique du Sud comme en Russie, des mines vieillissantes, des coûts en hausse et des sanctions maintiennent le marché sous tension structurelle.

La correction du 15 mai ne change rien à cette équation. Sur des marchés aussi nerveux, même les meilleurs éléments prennent des coups : le platine ne fait pas exception, mais il reste solide.

Sujet(s) : Analyse des Cours
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