Entre le 15 et le 31 mai, les deux métaux ont marqué une pause. Alors que le platine oscillait entre 1 927 et 1 992 $, le palladium semblait flotter entre 1 360 et 1 426 $. Au même moment, la London Platinum Week réunissait à Londres les principaux acteurs du secteur. Et leurs prédictions apportent un éclairage différent sur l’avenir de ces 2 platinoïdes.
Le platine : un déficit qui ne se résorbe pas
À l’image de la Banque mondiale fin avril, les professionnels réunis à Londres ont confirmé ce que les chiffres disent depuis plusieurs trimestres : le marché du platine reste structurellement sous tension. Le déficit 2026 est estimé à environ 285 000 onces par les grands prévisionnistes du secteur. Quatre années consécutives de déficit ont déjà amputé les stocks disponibles de 65 %.
Selon Ed Sterck, directeur de recherche du World Platinum Investment Council
« C'est un principe de base de l'économie des marchés de matières premières : comment résorber un déficit ? Une solution consiste à augmenter les prix pour stimuler l'offre. Or, cela ne fonctionne pas vraiment ici. Des prix plus élevés devraient également inciter à une baisse de la demande, mais là encore, ce n'est pas le cas. Par conséquent, les tensions sur le marché du platine restent très présentes. »
Trois fils courent en toile de fond :
- la production minière reste contrainte en Afrique du Sud et en Russie ;
- le recyclage des catalyseurs progresse, mais pas assez vite pour rééquilibrer le marché ;
- les centres de données s'imposent comme un nouveau débouché industriel pour le platine et le ruthénium.
UBS annonce la fin d'une ère pour le palladium
Pour le palladium, la semaine a apporté une nouvelle autrement plus fracassante. Selon la banque UBS et le rapport de Johnson Matthey, le métal pourrait basculer en surplus dès 2026, après quatorze années consécutives de déficit. Les raisons s'accumulent :
- la demande automobile recule avec le ralentissement de la production de véhicules thermiques ;
- le recyclage accélère, notamment en Chine où les programmes de reprise de véhicules gonflent les flux de catalyseurs usagés ;
- les investisseurs se retirent et les positions spéculatives font de même.
UBS a abaissé son objectif de cours de 1 600 $ à 1 400 $/oz, soit exactement là où le palladium se trouve fin mai. Le métal a certes progressé de plus de 40 % sur un an, mais si le surplus se confirme, cette hausse ressemblera peut-être à un dernier feu d'artifice.
Sujet(s) : Analyse des Cours
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