En cette fin mars, le platine et le palladium ont fait le yo-yo au gré des déclarations du président américain sur le détroit d’Ormuz : montée, descente, remontée. Ce va-et-vient a mis à nu leur sensibilité aux chocs géopolitiques, malgré des fondamentaux industriels, actuels et futurs, qui racontent une tout autre histoire.
Le platine : un yo-yo, mais avec un fil qui résiste
Parti de 2 095 $ le 16 mars, le platine a dévissé jusqu'à 1 863 $ le 23, son point bas de la période. S’en est suivi un sursaut à 1 925 $ dès le 25, porté par le recul de la Maison-Blanche. Mais l'accalmie n'a pas tenu : nouvelle descente à 1 857 $ le 26, avant une reprise progressive qui ramène le métal à 1 970 $ le 31 mars.
Chaque signal d'apaisement de Washington a produit un rebond, chaque relance des tensions a effacé les gains. Le platine a joué la même partition que les autres métaux précieux, mais avec un filet de sécurité :
- Dans l'UE, plus de 80 % des véhicules immatriculés en début d'année embarquaient encore un catalyseur PGM
- Les hybrides, dont la production mondiale atteindra 26,3 millions d'unités en 2026, consomment autant de platine que les thermiques classiques
- La demande automobile mondiale en PGM reste attendue à 11,8 Moz cette année, en recul limité à 1 %
Le fil du yo-yo tient : les besoins industriels du platine compensent une partie des chocs géopolitiques.
Le palladium : le yo-yo en version XXL
Même séquence pour le palladium, en plus sévère. De 1 608 $ le 16 mars, il a décroché jusqu'à 1 358 $ le 26, son plus bas de l'année, avant de remonter à 1 487 $ le 31.
Pourtant, au même moment, loin du bruit géopolitique, l’industrie envoyait un signal qui présage un futur souriant. Le 19 mars, lors du PGMs Industry Day de Johannesburg Nornickel présentait les travaux de son Centre pour les technologies du palladium. Ce programme a mis à jour un besoin annuel de 1,7 million d'onces supplémentaires dans les cellules photovoltaïques, les piles à hydrogène ou encore l’électronique avancée. Le métal a un bel avenir au-delà du pot d’échappement. Reste à savoir combien de temps les marchés le traiteront encore comme un simple sous-produit du secteur automobile.
Sujet(s) : Analyse des Cours
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