Le 9 septembre, le platine atteignait 1 919 $, son plus haut depuis mai. Le lendemain, il perdait 6,2 % (1801 $) en une séance, imité par le palladium, passé de 1381 $ à 1295 $. Les déclencheurs : un Brent à plus de 100 $ et des anticipations de hausse de taux Fed. Finalement, platine et palladium terminent la quinzaine presque exactement où ils étaient à mi-août, comme si rien ne s'était passé.
Le marché qui monte, chute, et revient à la case départ
Début septembre, trois signaux font monter les cours :
- des données d’emploi américaines qui éloignent le spectre d'une hausse de taux ;
- de nouvelles frappes en Iran qui relancent les achats de valeur refuge ;
- des mineurs en grève au Montana chez Sibanye-Stillwater, le plus grand producteur américain de palladium, qui ravivent les interrogations sur l'offre.
Puis le 10, le Brent atteint 101 $ et la tendance s'inverse. BMI, un cabinet d'analyse et de recherche économique révise alors ses prévisions. Le platine est attendu à 1 900 $/oz en moyenne annuelle et le palladium à 1 400 $.
Dans notre dernier article, nous nous demandions si les cours allaient tenir suite à la reprise des tensions dans le détroit d’Ormuz. Nous avons notre réponse : un beau yo-yo et quasiment zéro progression nette.
En Europe et aux Etats-Unis, l'automobile tousse
Le 3 septembre, Volkswagen approuve 100 000 suppressions de postes d'ici 2030. C’est la plus grande restructuration de l'histoire automobile, devant celle de General Motors en 1991. Concurrence chinoise, droits de douane, demande en berne : trois facteurs qui laissent quatre usines allemandes sans garantie d'avenir.
Le même jour, les constructeurs américains demandent au Congrès d'interdire définitivement les véhicules chinois sur le sol américain. Derrière l’argument officiel (la collecte de données par Pékin), difficile de ne pas voir l’argument économique.
Pour le platine et le palladium, dont les catalyseurs automobiles restent le premier débouché, ces signaux ne sont pas anodins.
Un excédent de platine imprévu
Le 9 septembre, le WPIC publie son Platinum Quarterly et annonce un surplus de 265 Koz pour 2026, le premier depuis 2022. Mais ce chiffre est trompeur : l’excédent vient quasi exclusivement des sorties d'investisseurs et non d'une baisse de la demande. Les stocks restent au minimum, avec seulement 3,4 mois de couverture, alors que la demande industrielle progresse de 5 %.
Septembre aura au moins eu le mérite d'être clair : le marché des platinoïdes n'est ni simple, ni figé.
Sujet(s) : Analyse des Cours
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