Publié le 18 déc. 2025

Platinoïdes : 2026 s’annonce sous haute tension

En cette fin d’année 2025, le platine et le palladium ne clôturent pas un cycle : ils en ouvrent un nouveau.

Une fin d’année triomphale

Le 15 décembre, le platine a franchi le seuil symbolique des 1 800 dollars l’once, gagnant près de 150 dollars en l’espace de deux semaines. Ce niveau inédit depuis quatorze ans scelle une année hors norme : depuis janvier, le métal a multiplié les records, imposant son retour parmi les actifs industriels stratégiques.

Le palladium avance avec plus de retenue, mais dans la même direction. Après avoir évolué autour de 1 425 dollars début décembre, il s’est hissé vers la zone des 1 600 dollars au mi-mois. Cette progression peut sembler modeste face à celle du platine, mais elle prend tout son sens si on regarde dans le rétroviseur : en décembre 2024, les deux métaux végétaient sous les 900 dollars. En douze mois, le changement d’échelle est radical.

Une demande qui se diversifie sans jamais faiblir

Automobile, industrie, transition durable… les platinoïdes ne se contentent pas d’un seul socle de demande :

  • Bruxelles a supprimé l’interdiction stricte des moteurs thermiques prévue pour 2035. Cette décision politique prolonge mécaniquement la production de catalyseurs, domaine où platine et palladium restent irremplaçables.
  • L’hydrogène installe une nouvelle dynamique. Volkswagen vient d’annoncer l’installation d’un système d’électrolyse dans son usine de Poznań, en Pologne, tandis que Johnson Matthey a inauguré sa première unité dédiée aux moteurs à combustion interne à hydrogène.
  • Au-delà de l’automobile, les applications industrielles se multiplient. Les catalyseurs chimiques exigent ces métaux pour leur stabilité à haute température et leur résistance à l’oxydation, sans substitution possible à court terme.
  • À cela s’ajoute la dynamique chinoise. En novembre, les ventes de voitures ont progressé de 3,4 % sur un an. Même avec la montée en puissance de l’électrification, le volume absolu de véhicules thermiques et hybrides reste considérable.

Un déficit structurel qui verrouille le scénario haussier

Face à cette demande croissante, l’offre peine toujours à suivre. Le World Platinum Investment Council estime le déficit du marché du platine à 69 000 onces pour 2025. Les contraintes minières, les risques géopolitiques et les délais incompressibles de mise en production limitent toute réponse rapide. Plus révélateur encore : la demande liée aux carburants d’aviation durables (SAF), où le platine joue un rôle clé, devrait être multipliée par neuf d’ici 2050 pour dépasser 260 000 onces par an.

Entre une demande qui se recompose sur plusieurs fronts et une offre structurellement déficitaire, le platine et le palladium ont franchi un cap. La question n’est plus de savoir si la tendance va se poursuivre, mais à quel rythme.

Sujet(s) : Analyse des Cours
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