Publié le 8 déc. 2025

Platine : la Chine prend le contrôle des prix

Si l’on doit retenir une seule chose de cette deuxième quinzaine de novembre, c’est ce basculement : le prix du platine ne se joue plus seulement à Londres ou New York. Pékin vient d’entrer dans la partie, et la pression sur le marché physique ne fait que commencer.

27 novembre : la date qui change tout

Ce jour-là, la Bourse de Guangzhou a lancé la négociation de contrats à terme et d’options sur le platine et le palladium. Une révolution silencieuse dont l’impact va se faire sentir durablement. L’innovation ne tient pas au principe des contrats à terme, mais à leur forme. Alors que les places occidentales n’autorisent que la livraison de lingots ou de barres, Guangzhou permet désormais la livraison d’éponge de platine, LA forme privilégiée par les industriels et les constructeurs automobiles. En alignant ses marchés financiers sur les besoins réels de son économie, la Chine s’attaque directement à l’architecture qui détermine les prix mondiaux.

Une prime qui affole les marchés

Dès le lancement, le signal a été clair. Le platine s’est négocié avec une prime atteignant 270 dollars l’once par rapport aux cours occidentaux. Pendant que le métal s’affichait à 1 667 dollars à Londres, il culminait à 1 890 dollars à Guangzhou. Si cette prime se maintient durablement, elle va aspirer davantage de platine physique vers la Chine. Très gros consommateur dans les domaines de la joaillerie, de l’automobile ou de l’hydrogène, le pays représente plus de 20 % de la consommation mondiale de platine et de palladium. On entrevoit déjà une pénurie accentuée alors que le marché mondial subit déjà un déficit structurel.

Edward Sterck du World Platinum Investment Council y voit une révolution : Guangzhou intègre désormais les besoins chinois dans le processus global de formation des prix.

Le palladium suit le mouvement

Le palladium a connu la même dynamique, mais de manière moins spectaculaire. Après avoir oscillé autour de 1 400 dollars durant toute la quinzaine, il s’est affiché à 1 450 dollars l’once le 28 novembre, porté par l’effet Guangzhou. La demande industrielle reste soutenue, notamment dans la production de catalyseurs pour les véhicules essence et l’électronique, deux secteurs où Pékin pèse lourd. L’ouverture de ce nouveau marché offre aux industriels chinois une sécurisation de leurs approvisionnements.

Vers un nouveau rapport de force ?

Le message est clair : la Chine ne veut plus subir les prix mondiaux, il entend les façonner. Pour cela, inutile de montrer les muscles et d’interdire les exportations de terres rares quand il suffit de créer un marché financier avec ses règles du jeu. Le centre de gravité du marché des platinoïdes serait-il en train de migrer vers l’Orient ?

Sujet(s) : Analyse des Cours

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