Loin d’être serein, l’été 2018 a été marqué par les tensions entre Washington et Pékin, et Washington et Ankara… Les investisseurs ont fui les matières premières, mais la chute du platine et du palladium est jugée absurde par les analystes.

Un risque en chassant un autre sur les marchés financiers, l’été, que l’on pensait dominer par les frictions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, a aussi été bouleversé par l’irruption brutale de la crise turque. Résultat : les matières premières ont été délaissées par les investisseurs. Le platine, qui trouve usage dans les pots catalytiques des moteurs diesel, n’a pas fait exception au mouvement de fuite. Lui qui souffre déjà de la désaffectation des industriels du secteur automobile depuis le scandale du Dieselgate. L’once est tombée à 755,55 $, le 16 août, quelques jours après la décision du président américain Donald Trump de doubler les taxes frappant l’acier et l’aluminium en provenance de Turquie. La force du dollar et des prix du rhodium, un sous-produit du platine pour lequel la demande est importante, explique aussi la faiblesse des cours du platine. Pour les analystes de ICBC Standard Bank, un tel plongeon est « exagéré ». D’ailleurs, les prix sont déjà remontés et le platine se négocie aujourd’hui à 790 $ l’once. Toutefois, les experts préviennent que les positions vendeuses des investisseurs observées sur le marché « créent un risque non négligeable que les cours testent leur plus bas niveau de 2008 à 745 $ l’once ». Nous n’y sommes pas encore, mais pas très loin non plus puisqu’une baisse de 5,7 % suffirait à faire de ce scénario une réalité.

Une importante demande en palladium 

Si le platine dégringole, son cousin, le palladium n’est pas non plus épargné par les turbulences géopolitiques. L’once a dégringolé à 834 $ à la mi-août, mais elle a rapidement remonté la pente, gagnant 90 $, à 925 $, en une semaine seulement ! Les analystes sont unanimes sur ses perspectives de long terme : le métal précieux, qui est utilisé dans les pots catalytiques des moteurs à essence en vue d’en réduire les émissions polluantes, est voué à un bel avenir. « La demande de palladium de la part de l’industrie automobile va croître d’environ 2 % en 2018 et établir un nouveau record à 8,57 millions d’onces », prédit Johnson Matthey, le premier affineur mondial de platinoïdes. C’est 2,7 fois plus que pour le platine. « A long terme, la demande pour les PGMs va rester solide, en particulier pour le palladium », ajoute-t-il. Qu’est-ce que les PGMs ? Cet acronyme désigne le Platinum-group metals, c’est-à-dire un ensemble de six métaux de transition : platine, palladium, rhodium, ruthenium, iridium et osmium. Tous présentent des similitudes dans leurs propriétés chimiques et physiques. 

D’ici à la fin de l’année, les prix du palladium devraient repartir à la hausse (sauf incident majeur) pour la simple raison que la demande pour le métal reste forte et que le marché demeure déficitaire. La santé insolente de l’économie américaine, dont le PIB a augmenté de 4,1 % au deuxième trimestre, devrait également permettre au cours de grimper, tout comme la mise en place d’un politique budgétaire et fiscale accommodante en Chine.

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