Le marché des matières premières est mis à mal par les frictions commerciales mondiales. Mais les experts n’excluent pas un rebond des cours du platine à court terme et soulignent la tendance haussière du palladium. Une bonne nouvelle pour ceux qui souhaitent revendre leur pot catalytique.

Plus de dialogue. C’est ce à quoi a appelé, dimanche 22 juillet, le G20. Réunis à Buenos Aires, en Argentine, les ministres des Finances du groupement ont déploré l’exacerbation des tensions commerciales et géopolitiques et le risque qu’elles font courir à la croissance mondiale. Les investisseurs n’ont pas attendu cette conclusion pour se tenir à l’écart des actifs à risque, notamment des matières premières. Le platine est l’un des grands perdants. 

Depuis le mois de janvier, le métal précieux, qui est couramment utilisé dans les pots catalytiques des moteurs diesel, voit son cours fondre comme neige au soleil et enfoncer régulièrement de nouveaux plus bas. Lors de la séance du 19 juillet, il est tombé à 793,34 $ l’once, une situation inédite depuis décembre 2018.

Un possible rebond des prix du platine

Pour les observateurs, le verdict est sans appel : outre la force du dollar, qui pénalise l’ensemble des matières premières, les fondamentaux du marché du platine sont structurellement négatifs et militent pour une poursuite de la baisse des prix. Toutefois, un rebond à court terme n’est pas exclu. Il pourrait être entretenu par l’appréciation du rand sud-africain (l’Afrique du Sud représente près de 90 % des réserves mondiales de platine). La grande banque d’affaires américaine Citigroup fait d’ailleurs le pari d’une remontée des cours du platine en direction des 900 $. Pour Chris Gaffney, le président des marchés mondiaux chez TIAA Bank, cité par MarketWatch, mieux vaut même détenir du platine et de l’argent, que de l’or et du palladium. L’émergence d’une classe moyenne chinoise et indienne désireuse de posséder son propre véhicule continuera de profiter au platine, surtout lorsque les constructeurs automobiles substitueront ce métal au palladium pour le contrôle des émissions polluantes, estime l’expert.

La chute du palladium est passagère

Le palladium, qui n’est autre que le cousin éloigné du platine, fait aussi les frais des tensions commerciales. L’once a reculé à 861,12 $, le 19 juillet, au plus bas depuis un an, mais cette contre-performance est surtout à mettre sur le compte d’une chute de liquidité, expliquent les analystes. En effet, durant les mois d’été, de nombreux opérateurs sont absents des marchés financiers, ce qui peut entraîner des mouvements brusques, aussi bien à la hausse qu’à la baisse. Sur la durée, la tendance des cours du palladium est clairement haussière. La raison : le déficit dont souffre le marché. Citigroup évalue celui-ci à 458.000 onces en 2018 et 608.000 en 2019. De quoi soutenir les prix. Citigroup conseille de mettre à profit tout repli supplémentaire du métal pour se positionner à l’achat. La banque pronostique un cours à 980 $ en moyenne au troisième trimestre, puis à 1.050 $ au quatrième. Soit un potentiel de hausse de 13 % au regard du prix actuel de 925 $.

Ceux qui veulent revendre leur pot catalytique, de véhicules diesel ou essence, pourront profiter du rebond attendu des cours du platine et de la remontée à venir de celui du palladium. Un doute sur les arbitrages à faire ? Autocycling est là pour vous aider à faire les meilleurs choix.