Cours du palladium

 

Malgré les tensions commerciales, le palladium, le platine et le rhodium, tous trois utilisés dans les pots catalytiques, ont rebondi. Le premier a repris 29 % depuis la mi-août, tout près de son record. Le rhodium culmine à 2.500 $ l’once. 

+ 29 %. C’est l’ampleur de la hausse des cours du palladium depuis le point bas du mois d’août (lire). La guerre commerciale qui oppose les Etats-Unis à la Chine a eu beau monté d’un cran avec l’entrée en vigueur de nouvelles taxes douanières le 24 septembre, le prix du métal industriel, qui est fréquemment utilisé par l’industrie automobile pour fabriquer les pots catalytiques des moteurs des véhicules essence, a continué sa fulgurante ascension, comme si le marché s’était rendu compte qu’il l’avait injustement sacrifié. De 834$, le cours de l’once de palladium a fait un bond à 1.074 $ en six semaines seulement. Il est tout près de son plus haut historique de 2001. Surtout, l’écart avec l’or, qui se traite à 1.189$, se réduit, au point que le platinoïde pourrait bientôt valoir plus que le métal jaune. Si ce scénario se concrétise, ce serait une première en seize ans. « L’or n’a pas la même utilisation industrielle quotidienne que le palladium […] et il a été plus directement affecté par le dollar fort », souligne Ed Egilinsky, le responsable des investissements alternatifs chez Direxion. 

La Chine, plus exigeante en matière de normes automobiles 

Par ailleurs, la demande en voitures reste forte dans le monde et la tendance est aux gros SUV moins polluants aux Etats-Unis et aux petits véhicules à moteur à essence en Asie. Pour rappel, la Chine s’est fixé toute une série d’objectifs à atteindre d’ici à 2020, année où elle fêtera le centenaire du Parti communiste. Parmi ces derniers, des objectifs environnementaux qui impliquent une législation bien plus sévère en matière d’émissions polluantes. Tout cela soutiendra la demande en palladium. Pour les analystes de Goldman Sachs, les cours du métal précieux pourraient grimper jusqu’à 1.200 $ d’ici au deuxième trimestre 2019, soit un potentiel d’appréciation supplémentaire d’environ 12 %. Quant à l’écart avec le platine, il va continuer de se creuser pour dépasser les 30 %.

Pour l’heure, le platine se traite avec une décote de 23 % par rapport à son cousin, le palladium. Depuis son plus bas d’août, à 755,55 $, le métal, qui l’on retrouve dans les pots catalytiques des moteurs des véhicules diesel, n’a repris que 9 %, à 824 $. L’explication n’étonnera personne : elle réside dans le fait que les moteurs diesel n’ont plus la cote depuis le scandale qui a éclaboussé Volkswagen, en septembre 2015. Une poursuite de la hausse n’est toutefois pas exclue. De nombreux experts pointent du doigt le faible niveau de production du palladium et ses difficultés à s’adapter à la demande. Les constructeurs automobiles pourraient donc chercher un substitut et se tourner vers le platine, mais, avant cela, il va falloir que les technologies et techniques s’adaptent.

Concernant, enfin, les prix du rhodium, ils ont continué de s’apprécier, pour se négocier à plus de 2.500 $, dopés, selon les rumeurs de marché, par les achats d’un ou deux industriels. Plusieurs mines sud-africaines ayant réduit leur production de platine en raison de la faiblesse des prix, les provisions de rhodium – l’extraction des deux est liée - ont diminué, ce qui a tiré les prix vers le haut. 

Ceux qui souhaitent profiter de la remontée des cours des platinoïdes peuvent contacter Autocycling pour connaître les modalités de reprise de leurs pots catalytiques.