Publié le 5 mars 2019

Le palladium vaut (bien plus que) son pesant d’or

Pénurie de l’offre, demande croissante de l’automobile, spéculation… les raisons de la spectaculaire envolée des cours du palladium sont nombreuses. La barre des 2.000 $ n’est plus très loin ! A l’inverse, le platine continue de se négocier autour des 800 $.

Cours du palladium

 

« L’offre est incapable de tenir le rythme de croissance de la demande et les stocks existants disponibles à la consommation sont continuellement en train d’être épuisés », commentait, récemment, un stratégiste d’UBS. En effet, selon le premier producteur de palladium Norilsk Nickel, « en 2018, le marché était en déficit structurel pour la neuvième année consécutive ». Et la tendance n’est pas près de s’inverser à court terme. Le déficit pourrait « s'accroître dramatiquement en 2019 », a récemment pronostiqué Johnson Matthey, premier raffineur mondial de palladium.

Dans ces conditions, il n’y a rien d’étonnant à ce que ce métal, utilisé à 80 % par l’industrie automobile pour la fabrication des pots catalytiques des véhicules à moteur essence, aille de record en record. Le 26 février 2019, le palladium a touché un nouveau sommet à 1.567,44 $ en séance, matérialisant un gain de l’ordre de 24 % depuis le début de l’année et de 88 % comparé au point bas du mois d’août (834,04 $). 

Le palladium à 2.000 $ ?

Le métal, majoritairement produit en Afrique du Sud et en Russie, vaut 20 % de plus que l'or (1.285 $ à Londres), pourtant considéré comme LA référence des métaux précieux. Pour l’heure, aucun autre métal n’est à même de rivaliser avec le palladium. 

Et pour la suite, quelle sera l’évolution des cours ? Si certains y voient le risque d’une bulle, chez Bank of America, on est clairement optimiste. Selon les analystes de la banque américaine, les cours vont poursuivre leur ascension jusqu’à 2.000 $ l’once, soit un gain potentiel additionnel de plus de 25 % par rapport aux prix actuels. 

Outre la pénurie de l’offre, la désaffection croissante des consommateurs et industriels pour le diesel et les menaces de grèves dans les mines sud-africaines, un autre facteur pourrait expliquer l’envolée des cours du palladium : la spéculation. Pour certains observateurs, il n’est pas improbable que des spéculateurs achètent du palladium à plein régime. D’autres n’hésitent pas à pointer du doigt un responsable : la Russie. Petit rappel historique : Moscou a constitué d’importants stocks durant les années de guerre froide, estimant que le palladium pourrait être utile pour réaliser de la fusion nucléaire à froid, or ces stocks s’épuisent… Le palladium fait partie des 14 métaux jugés « critiques » par Bruxelles.

Et pendant ce temps-là, le platine déprime… 

Pendant que le palladium s’envole, le platine reste à la peine. Le métal, qui entre dans le processus de fabrication des pots catalytiques des voitures à moteur diesel, ne vaut que 836,6 $ l’once, après un pic à 8.77,31 $ le 28 février, et affiche un modeste gain de 5 % environ depuis le 1er janvier. Les analystes de Bank of America ne se font guère d’illusion et tablent sur un prix de 883 $ à la fin de l’année 2019. Les fondamentaux jouent très clairement contre ce métal et seule une transition technologique, permettant une substitution du palladium par le platine, pourra redonner des couleurs à ce dernier. 

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Sujet(s) : Analyse des Cours

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