Chef de file de la famille des métaux précieux, le palladium a pulvérisé la barre des 1.600 $ l’once. Le rhodium, plus confidentiel, vaut deux fois plus. 

Mais jusqu’où ira-t-il ? Le palladium n’en finit plus de briller, au point que l’or fait pâle figure à côté de lui. Ce qui est sûr, c’est qu’à moins d’un ralentissement marqué de l’économie ou d’une chute des ventes automobiles, en particulier en Chine, le plus gros marché au monde, les prix du palladium devraient rester élevés. D’autant plus élevés que le palladium, qui entre dans le processus de fabrication des pots catalytiques des véhicules à moteur essence, est un petit marché : 80 % environ de la production mondiale est assurée par deux pays, la Russie et l’Afrique du Sud, et les découvertes de nouveaux gisements ont été rares ces dernières années. Le marché devrait ainsi connaître sa huitième année consécutive de déficit comparé à la demande.

Poursuivant sa fabuleuse ascension, le cours du palladium a atteint un nouveau record à plus de 1.600 $ l’once, à 1.614,88 $, le 21 mars 2019. Depuis le début de l’année, il affiche un gain de 28 %. Et de 100 % depuis le point bas du mois d’août 2018, en pleine crise monétaire turque. Pour Georgette Boele, stratégiste métaux précieux au sein de la banque ABN Amro, le métal est clairement le plus surévalué de tous les métaux précieux. D’une part, parce que le déficit est largement intégré dans les cours, d’autre part, parce que les prix ne reflètent pas la faiblesse attendue dans le secteur automobile, selon elle. En attendant, aucune faiblesse n’est observée sur les cours.

Le rhodium, un métal discret et cher 

Moins connu, parce que classé parmi les platinoïdes mineurs, le rhodium affiche, lui aussi, une très belle performance depuis le début de l’année. Très utilisé en bijouterie, pour les boutons de manchettes, notamment, le rhodium doit son succès au pot catalytique. Ce métal, qui est moins liquide et se négocie de gré à gré entre mineurs, grossistes et industriels a, sans faire de bruit, bondi à 3.300 $ l’once, matérialisant une hausse de l’ordre de 33 % depuis le 1er janvier, selon les données compilées par le premier raffineur mondial Johnson Matthey. Cela représente 2,5 fois le prix de l’or (1.318 $ à Londres)… A long terme, le rhodium, qui tire son nom du grec « rhodon » (rose), devrait profiter d’une demande en hausse, selon les analystes. 

Alors que le palladium et le rhodium sont aux anges, le platine, lui, déprime. L’once de ce métal, principalement utilisé pour la fabrication des pots catalytiques des véhicules à moteur diesel, se traite à 850,7 $, en hausse d’à peine 7 % depuis le début de l’année. Sur cinq ans, il accuse même une baisse de 40 % ! A moins qu’une hausse substantielle de la consommation en platine, résultant, pourquoi pas, d’une substitution au palladium devenu beaucoup trop cher, rien de laisse présager un rebond significatif des prix. En tout cas, à court terme. Le consensus vise un objectif de 800 à 850 $ l’once d’ici à la fin de l’année. 

Le palladium et le rhodium affichent des performances impressionnantes. Une correction, sous l’effet de prises de bénéfices, n’est pas exclue même si la tendance de long terme est porteuse. Besoin de conseils ? Autocycling, le spécialiste du recyclage des pots catalytiques, vous oriente et vous conseille sur les meilleurs arbitrages à effectuer.

Chef de file de la famille des métaux précieux, le palladium a pulvérisé la barre des 1.600 $ l’once. Le rhodium, plus confidentiel, vaut deux fois plus.