Le palladium est reparti à la baisse après avoir inscrit un record historique à 1.152 $ en octobre. Les investisseurs, ravis de leur plus-value, ont empoché leurs bénéfices. La guerre commerciale et les craintes sur le secteur automobile pèsent aussi sur les cours du métal précieux. Le platine, lui, continue de faire grise mine… 

Les investisseurs financiers le savent bien : « Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ». L'irrésistible ascension du palladium a fini par s’arrêter. Le métal, dont le premier débouché est le pot catalytique des véhicules à moteur essence, a touché un plus haut historique à 1.152,54 $ l’once, le 23 octobre en séance, dépassant le précédent record de 2001. Il n’en fallait pas plus pour que les boursiers, toujours à l’affût de gains juteux, décident d’empocher quelques bénéfices sur le palladium. Le 14 novembre, le métal précieux ne vaut plus à 1.106 $. 

La Chine joue les trouble-fête 

Cela signifie-t-il que le mouvement de hausse est terminé ? Il y a toujours quelques Cassandre pour prédire le pire. Les analystes de Bank Julius Baer Group voient l’once tomber à 950 $ dans un délai de trois mois, puis plus bas encore, à 900 $ d’ici un an. Chez Commerzbank, les experts anticipent un repli des cours du palladium autour de 1.000 $ au cours du premier semestre 2019. 

L’élément déstabilisateur est la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine et son impact sur le marché automobile. « Les nuages sur le marché de l'automobile chinois, le plus important au monde, sont de plus en plus noirs, écrivent-ils, cela aura un impact négatif sur la demande en palladium. » En effet, les ventes de véhicules automobiles ont baissé pour le quatrième mois consécutif dans l’Empire du Milieu, ce qui a pesé sur les cours du palladium et ceux du pétrole. L’or noir est d’ailleurs entré en marché baissier (« bear market »), c’est-à-dire que les prix sont en baisse de plus de 20 % par rapport aux plus hauts niveaux touchés cette année. On n’en est pas encore là concernant le palladium.

Le platine substitut du palladium ?

Autre argument invoqué : la possible substitution du palladium par le platine, dont les prix sont nettement moins élevés. Si ce scénario ne peut pas être exclu, il faut que les technologies d’adaptent et que les usines se rééquipent, ce qui coûte cher. Très cher. Le coût du métal représente une faible part.  « Ce n’est pas comme faire une simple pression sur une télécommande, soulignait récemment le responsable technique du constructeur américain General Motors. A chaque fois que nous avons voulu procéder à une substitution de ce genre, cela a duré entre 18 et 24 mois. » 

A plus long terme, la tendance reste tout de même haussière pour le palladium, même si des à-coups sont à prévoir. 

La chute inexorable du platine 

Le platine, que l’on trouve dans la fabrication des pots catalytiques pour filtrer les rejets polluant des véhicules diesel, a suivi une trajectoire diamétralement opposée. Au point de frôler la sortie de route. De près de 1.030 $ au début de l’année, il a chuté à 841 $ aujourd’hui, en deçà de son niveau de 2008, en pleine crise économique et financière.

Il vaut 30 % de moins que l’or, soit un ratio platine/or de 0,7 fois, proche du point bas historique de septembre dernier. Les analystes n’excluent pas que le métal continue sa chute en direction de 720 $ d’ici un an, soit le prix auquel il se traitait en 2003… 

Si vous n’avez pas profité des récents records du palladium pour revendre le pot catalytique de votre véhicule à essence, il n’est peut-être pas trop tard pour concrétiser de jolis gains. Le platine n’est pas voué à rebondir. Autocycling vous conseille pour réaliser les meilleurs choix.