Autocycling - Analyse des cours

Matière première star de 2017, le palladium a signé un nouveau record le 5 décembre à 1.261,8 dollars et se négocie désormais plus cher que l’or. Il creuse encore l’écart avec le platine, dont le cours est tombé sous les 800 dollars. Le rhodium se négocie à son plus haut niveau depuis 8 ans.

A l’heure des emplettes de Noël, vous manquez d’idée ? Pourquoi ne pas offrir une once de palladium ! En effet, le métal précieux a signé un nouveau record, le 5 décembre, à 1.261,80 dollars l’once (31,1 grammes). Mais surtout, il a dépassé pour la première fois en seize ans l’or, dont l’once se négocie à 1.236 dollars sur le marché spot à Londres. 

« Le palladium continue de ravir la vedette à tous les autres métaux précieux », commentent les analystes de Commerzbank. Pour rappel, ce métal est avant tout utilisé par l'industrie, notamment pour recouvrir les pots catalytiques des véhicules à essence, 

Un rebond « fast and furious » 

Autre fait notable : depuis le 1er janvier, le palladium s’est apprécié de l’ordre de 18 %, après un bond de 57 % en 2017, quand l’or a perdu près de 5 %. Et depuis son point bas du mois d’août, le métal chouchou des constructeurs automobiles a repris pas moins de 50 % !

Le rhodium fait peu parler de lui, mais il a également connu une belle année 2018. L’once de ce platinoïde cote 2.600 dollars, soit deux fois le prix de l’or. Attention toutefois : les cours de ce métal rare – son marché est étroit – sont très volatiles du fait qu’ils se négocient de gré à gré entre producteurs, grossistes et consommateurs. 

Qu’il s’agisse du rhodium ou du palladium, les boursiers parient sur le fait que la Chine, premier pollueur de la planète, va devoir appuyer sur l’accélérateur si elle veut espérer maîtriser rapidement ses émissions polluantes. Cela profitera inévitablement au palladium, dont l'offre au niveau mondial est, en outre, extrêmement tendue.

Le platine flirte avec la sortie de route

Chez Goldman Sachs, les analystes se positionnent clairement à l’achat sur le palladium. Dans un récent rapport, la banque d’affaires américaine soutient que le métal précieux continuera de « surperformer » par rapport au platine. Autrement dit qu’il affichera de meilleures performances en Bourse, et ce jusqu’à temps que les ingénieurs et experts du secteur automobile parviennent à faire du platine un substitut viable (et rentable). Pour l’heure, il n’y a pas de « substitution significative du palladium par le platine dans les pots catalytiques des voitures essence, en dépit du prix extrêmement élevé du palladium », souligne le World Platinum Investment Council (WPIC). 

Une telle situation va pénaliser, a contrario, le platine, que l’on retrouve principalement dans les pots catalytiques des véhicules à moteur diesel. L’once est retombée sous la barre symbolique des 800 dollars, le 5 décembre, après une tentative de rebond à 875 dollars un mois plus tôt. Depuis le 1er janvier, elle accuse une baisse de 14,2 %, et de 33 % sur trois ans.

Un autre élément va aussi peser sur les cours du platine : l’excédent de l’offre au niveau mondial, même s’il devrait être moins important en 2019 qu’en 2018. 

Vous pouvez mettre les récents records du palladium à profit pour vendre le pot catalytique de votre véhicule à essence ou, à l’inverse, céder le pot de votre véhicule diesel avant que le platine ne s’enfonce encore plus bas. Mais sachez qu’il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour négocier. Tout dépend de vos besoins et de votre calendrier. En cas de doute, Autocycling est là pour vous conseiller.