Cours du platine et du palladium en juillet 2021

La crise sanitaire n’en finit plus de faire parler d’elle et provoque des soubresauts sur les marchés des matières premières.

Le variant Delta n’a pas contaminé que les marchés d’actions. Les cours des matières premières ont, eux aussi, fait les frais du récent regain de nervosité sur les grandes places financières mondiales. D’un pic à 1.146 $ l’once à la mi-juillet, le cours du platine, utilisé dans les pots catalytiques des véhicules diesel, est tombé à 1.049 $ huit jours plus tard, prêt à enfoncer le seuil symbolique des 1.000 $. Son cousin, le palladium, a suivi la même trajectoire, passant de 2.890 $ environ à 2.660 $, après un creux sous la barre des 2.600 $ (2.579 $) lors de la journée du 20 juillet. Difficile de ne pas y voir le retour des craintes sanitaires et, avec elles, le risque d’un ralentissement de l’économie mondiale et d’un freinage de la production automobile. La persistance de la pénurie de semi-conducteurs pèse aussi sur le secteur. Ces variations, aussi brutales soient-elles, sont toutefois brèves et ne font pas une tendance. Quelles sont les prévisions des analystes à moyen terme ? La banque suisse UBS est positive, comme le rapporte la presse spécialisée. Selon elle, l'amélioration des fondamentaux, additionnée à la décote par rapport au palladium, soutiendront les prix du platine, qui va, en outre, bénéficier d’une demande de substitution dans la production de catalyseurs pour les voitures à essence. Les nouveaux véhicules sont en effet susceptibles d'utiliser des convertisseurs catalytiques tri-métalliques, qui utilisent davantage de platine au détriment du palladium. À plus long terme, le platine devrait jouir de la montée en puissance de la technologie de l'hydrogène vert. Le consensus table sur un cours du platine aux alentours de 1.300 dollars en juin 2022.

À court terme, les pénuries de composants électroniques vont aussi affecter les cours du palladium. Ils pourraient rester stables au second semestre 2021, avant de repartir de l’avant à mesure que les tensions disparaîtront sur les chaînes d’approvisionnement. Au-delà de cet élément, plus conjoncturel que structurel, le palladium, qui est utilisé à 80% dans les pots catalytiques des véhicules essence, devrait être en déficit pour la 10ème année consécutive et de façon importante. Les inondations de deux mines de Norilsk Nickel ont provoqué une perte estimée à 5% de la production mondiale.

D’autres métaux en vue

Selon une récente étude de la Coface, d’autres métaux sont très recherchés en ce moment. Il s’agit de ceux utilisés dans les véhicules électriques, comme le lithium, le cobalt et le cuivre. « Les réglementations strictes, les programmes de soutien des États et la consommation davantage tournée vers les véhicules électriques dans certaines régions stimulent fortement la demande pour ces métaux aujourd’hui indispensables dans la fabrication des batteries. Les déséquilibres entre offre et demande poussent ainsi leurs prix à la hausse, alors même que les parts de marché des véhicules électriques demeurent modestes », peut-on lire dans son analyse. Dans les deux ans à venir, la Coface n’entrevoit pas de changements majeurs sur ces tendances de prix. 

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